DÉCLARATION DE DÉNONCIATION
L’IPDHOR dénonce l’arrestation et le transfert à Uvira de six acteurs de la société civile de Baraka
L’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion (IPDHOR) exprime sa profonde préoccupation et dénonce l’arrestation de six acteurs de la société civile à Baraka par les FARDC, dans la province du Sud-Kivu, parmi lesquels figurent notamment M. Etunda Maisha Albert, président de la Société civile de Baraka, M. Mukindula Ally Le Bon, vice-président de la FEC/Baraka, et M. Shabani Denis, superviseur d’ASONAMOC.
Selon les informations rapportées par le média en ligne Actualite.cd, ces acteurs se seraient rendus à Katanga, dans le territoire de Fizi, afin d’échanger avec le commandement des FARDC au sujet des barrières installées dans cette zone et d’un prélèvement de 5 000 francs congolais exigé aux motocyclistes dans le cadre d’une opération présentée localement comme un « bouclage ». Les mêmes informations font état de leur transfert nocturne vers Uvira.
L’IPDHOR considère avec une grande inquiétude que l’arrestation d’acteurs de la société civile dans le cadre de démarches visant à soulever des préoccupations d’intérêt communautaire constitue une situation susceptible de porter atteinte à l’espace civique, à la liberté d’expression et au droit des citoyens de participer pacifiquement à la gestion des affaires de leur communauté.
Nous rappelons que les acteurs de la société civile ne devraient pas être inquiétés, arrêtés ou privés de leur liberté pour avoir exprimé des préoccupations légitimes concernant les tracasseries, les barrières ou les conditions de circulation de la population, dès lors qu’ils agissent de manière pacifique et dans le respect de la loi.
L’IPDHOR demande aux autorités compétentes de faire toute la lumière sur les circonstances exactes de ces arrestations, leur base légale ainsi que les conditions dans lesquelles les personnes concernées ont été transférées à Uvira.
Nous exigeons également que les droits fondamentaux des personnes arrêtées soient pleinement garantis, notamment leur droit à la sécurité, à l’intégrité physique et morale, à l’assistance juridique ainsi qu’à une procédure régulière.
L’IPDHOR appelle, en outre, les autorités provinciales et sécuritaires à privilégier le dialogue avec les représentants de la société civile et à s’abstenir de toute mesure d’intimidation ou de représailles à l’encontre des acteurs communautaires qui exercent pacifiquement leur rôle de veille citoyenne.
Nous demandons, enfin, la libération immédiate et sans condition des six acteurs, à défaut de charges légalement établies contre eux, et invitons les autorités judiciaires à garantir un traitement conforme aux principes de l’État de droit si une procédure judiciaire devait être engagée.
L’IPDHOR reste préoccupée par la multiplication des barrières, des tracasseries et des pratiques susceptibles d’affecter les droits et libertés des populations dans certaines zones du Sud-Kivu. Nous appelons à une clarification institutionnelle des opérations de contrôle et de perception aux barrières afin d’éviter que les populations civiles ne soient exposées à des prélèvements illégaux ou à des abus.
L’IPDHOR réaffirme son engagement en faveur de la protection des défenseurs des droits humains, de la liberté d’expression, de la participation citoyenne et de la consolidation d’un État de droit en République démocratique du Congo.
Fait à Kolwezi, le 16 août 2026.

