Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR) exprimons notre vive préoccupation et condamnons l’interpellation arbitraire de Monsieur Eric Sankara Dangwe et DDH intervenue le 18 août 2026 dans la ville de Butembo/Nord-Kivu, par des agents de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR).
Selon les informations recueillies, M. Eric Sankara Dangwe a été conduit dans les locaux de l’ANR, où il a été maintenu pendant plus de trois heures, avant d’être finalement relaxé. Cette interpellation, dont les motifs précis n’auraient pas été clairement portés à sa connaissance, soulève de sérieuses inquiétudes quant au respect des libertés individuelles, notamment la liberté d’expression et le droit de toute personne à ne pas faire l’objet d’une privation arbitraire de liberté.
L’IPDHOR rappelle que la critique des autorités publiques, même lorsqu’elle est virulente, ne saurait en elle-même constituer une infraction, dès lors qu’elle s’exerce dans le respect de la loi. Dans un État de droit, les voix critiques doivent être protégées et non intimidées.
Plus largement, l’IPDHOR constate avec inquiétude que plusieurs voix critiques à l’égard de la gestion des autorités militaires du Nord-Kivu, sous l’administration du gouverneur militaire, font régulièrement état d’actes d’intimidation, de pressions et de tentatives de musellement. Une telle situation est préoccupante, particulièrement dans une province confrontée à de graves défis sécuritaires et humanitaires qui nécessitent au contraire la liberté de dénoncer les abus, d’alerter l’opinion publique et de demander des comptes aux autorités.
L’IPDHOR rappelle aux autorités administratives, militaires et sécuritaires que la protection des libertés fondamentales constitue une obligation de l’État. La lutte contre l’insécurité ne peut et ne doit jamais servir de justification à des pratiques susceptibles de restreindre arbitrairement les droits et libertés des citoyens.
Face à cette situation, l’IPDHOR :
- condamne fermement l’interpellation de M. Eric Sankara Dangwe et demande que les circonstances exactes de celle-ci soient clarifiées ;
- exhorte l’ANR et les autres services de sécurité à respecter strictement les garanties légales encadrant toute interpellation et toute privation de liberté ;
- appelle les autorités du Nord-Kivu à mettre fin à toute forme d’intimidation, de pression ou de harcèlement visant les défenseurs des droits humains, journalistes, acteurs de la société civile et autres voix critiques ;
- encourage les citoyens à continuer de dénoncer pacifiquement les abus, les injustices et les éventuelles défaillances dans la gestion de la chose publique ;
- demande aux autorités compétentes de garantir un environnement sûr et respectueux des libertés publiques dans la province du Nord-Kivu.
L’IPDHOR réaffirme enfin que la sécurité et les droits humains ne sont pas contradictoires. La restauration de l’autorité de l’État ne peut être durable que si elle s’accompagne du respect de la dignité humaine, de la liberté d’expression et des principes fondamentaux de l’État de droit.
Fait à Kolwezi, le 23 août 2026


