COMMUNIQUÉ DE DÉNONCIATION
L’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR) dénonce avec la plus grande fermeté les arrestations, intimidations et menaces dont font l’objet les acteurs de la société civile et les défenseurs des droits humains qui exercent pacifiquement leur droit de dénoncer l’insécurité persistante en Ituri et au Nord-Kivu.
L’IPDHOR est particulièrement préoccupée par l’arrestation de Monsieur Papy Kalala, membre de la LUCHA RDC/Mambasa, qui, le 18 août 2026, été interpellé par des hommes en tenue militaire des FARDC devant le bureau du commissariat de la PNC de Mambasa alors qu’il assistait une femme interpellée par la PNC. Après plusieurs heures sans nouvelles, il a été rapporté qu’il avait été conduit à l’Auditorat militaire de Mambasa. Selon les informations en notre possession, ni les membres de sa famille ni ses conseils n’auraient été autorisés à le voir ou à être informés des motifs de son arrestation.
Cette situation intervient dans un contexte où les acteurs de la société civile et les défenseurs des droits humains qui dénoncent l’insécurité, les tueries des civils, les exactions des groupes armés ainsi que certains abus commis par des agents de l’État font régulièrement face à des pressions et à des menaces.
L’IPDHOR rappelle également qu’en mars 2026, trois autres membres de la LUCHA RDC ont été arrêtés par la PNC à Bunia et transférés devant une juridiction militaire, alors qu’ils participaient à une manifestation publique et pacifique devant le bureau de la REGIDESO dénonçant la pénurie d’eau dans la ville de Bunia. Cette situation constitue une source de préoccupation majeure quant au respect de la liberté de manifestation et de la liberté d’expression dans les zones concernées par l’état de siège.
L’IPDHOR estime que l’état de siège ne peut et ne doit pas devenir un instrument de répression contre les citoyens, les défenseurs des droits humains et les organisations de la société civile qui exercent pacifiquement leurs droits fondamentaux et interpellent les autorités sur leur obligation de protéger les populations.
Alors que l’insécurité demeure une préoccupation majeure en Ituri et au Nord-Kivu, nous appelons les autorités à concentrer leurs efforts sur la protection des civils, la lutte contre les groupes armés et le rétablissement effectif de l’autorité de l’État, plutôt que de s’en prendre aux voix qui alertent sur les souffrances des populations.
L’IPDHOR exige :
- la libération sans délai et sans conditions de Papy Kalala ;
- le respect strict des libertés d’expression, de manifestation pacifique et d’association conformément à la constitution ;
- la cessation immédiate des intimidations, menaces et arrestations visant les acteurs de la société civile et les défenseurs des droits humains en raison de leurs opinions ou de leurs dénonciations pacifiques ;
- que les autorités compétentes veillent à ce que l’état de siège ne soit pas transformé en une arme contre les acteurs de la société civile et les voix critiques ;
- l’ouverture, le cas échéant, d’enquêtes indépendantes sur les allégations d’arrestations arbitraires, de menaces et de mauvais traitements à l’encontre des défenseurs des droits humains.
L’IPDHOR réaffirme son attachement à la défense des droits et libertés fondamentaux et appelle les autorités civiles et militaires à garantir un environnement dans lequel les citoyens peuvent dénoncer pacifiquement les problèmes sécuritaires et sociaux sans craindre les représailles.
Fait à Bunia, le 19 août 2026
Pour l’IPDHOR
La Coordination

