« Être animateur de la Société civile ou défenseur des droits humains n’est pas un crime »
IPDHOR exprime sa vive préoccupation face à la multiplication des menaces contre les défenseurs des droits humains (DDH) au Sud-Kivu. Ces faits sont rapportés par la Société civile forces vives du Sud-Kivu, Bureau de coordination provinciale, dans sa déclaration du 1er novembre 2026 publiée à Uvira.
Enlèvement à Kalonge (Kalehe). M. BAHIGA CIZUNGU Jean Claude, président du sous-noyau de la Société civile dans le groupement de Kalonge, a été enlevé le 28 octobre 2026. Selon des sources dignes de foi, il a été aperçu le 31 octobre au cachot de la DSR à Bukavu. Il serait soupçonné de collaborer avec les Wazalendo.
Pressions à Burhale et Walungu. M. Joseph BABWINE aurait été démis illégalement de la présidence du sous-noyau de Burhale. Lui et M. Christian ZIGANIRA, président territorial de Walungu, subiraient interpellations et menaces de mort ou d’arrestation, accusés tantôt d’être pro-AFC/M23, tantôt pro-Wazalendo.
Attaque nocturne à Bulambika. M. Fabrice BALUMISA KABANGWA, président provisoire du noyau communal, aurait échappé à la mort dans la nuit du 31 octobre 2026. Des hommes armés non identifiés ont fait irruption à son domicile. Il aurait eu la vie sauve grâce à l’intervention des FARDC.
Nos recommandations
Aux parties au conflit et aux autorités de fait comme de droit
- Libérer sans délai et sans condition M. BAHIGA CIZUNGU Jean Claude et garantir son intégrité physique, son accès à ses proches et à un avocat.
- Cesser les menaces, intimidations et accusations de collaboration visant les acteurs et animateurs de la société civile.
- Ouvrir des enquêtes indépendantes sur l’enlèvement de Kalonge et l’attaque de Bulambika.
Au Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH)
- Documenter ces cas, intervenir pour l’accès au détenu et sa libération.
- Renforcer le suivi des violations contre les DDH et maintenir son appui aux défenseurs en détresse.
À la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH)
- Diligenter une mission d’enquête et assurer le suivi des cas.
- Continuer à accompagner et protéger les DDH menacés.
À l’Union européenne et à ses États membres
- Poursuivre et renforcer le soutien aux DDH en détresse : protection d’urgence, relocalisation temporaire, assistance juridique et médicale.
- Agir diplomatiquement pour la libération des défenseurs détenus et le respect des lignes directrices de l’UE sur les DDH.
Au Sud-Kivu comme au Nord-Kivu, les défenseurs des droits humains sont aujourd’hui parmi les personnes les plus exposées. Cette exposition est particulièrement forte dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23 et de ses alliés : détentions au secret, contrôle des structures de la société civile, intimidations et accusations de collaboration pèsent sur ceux qui documentent et dénoncent.
Faire taire les DDH, c’est priver les populations de leurs voix et de leur dernier recours.
IPDHOR appelle toutes les parties à respecter les civils, et la communauté nationale et internationale à ne pas abandonner les défenseurs en détresse.
