L’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR) exprime sa profonde indignation suite à l’interpellation du journaliste Serge Sindani, Directeur général du média en ligne Kis24, survenue ce mardi dans les bureaux du Fonds de réparation des indemnisations des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo.
D’après des informations recueillies auprès de ses proches, des individus se présentant comme des agents de l’Agence nationale de renseignements (ANR) ont fait irruption dans les locaux avant de procéder à son arrestation. Le journaliste aurait ensuite été conduit vers une destination inconnue à bord d’un véhicule de type Terios aux vitres teintées, sans qu’aucune communication officielle ne soit faite sur les motifs de cette interpellation ni sur son lieu de détention.
IPDHOR considère cette situation comme une grave atteinte à la liberté de la presse et au droit à la sûreté garanti par la Constitution de la République démocratique du Congo ainsi que par les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits humains ratifiés par le pays.
Par ailleurs, à Fungurume, dans la province du Lualaba, un membre du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) a été arrêté arbitrairement et détenu au cachot communal de la Police nationale congolaise (PNC) dans des conditions jugées inhumaines, avant d’être finalement relaxé. Bien que sa libération soit intervenue, IPDHOR dénonce les conditions de détention et le caractère arbitraire de cette arrestation, qui constituent une violation manifeste des droits fondamentaux.
IPDHOR rappelle aux autorités compétentes l’obligation de respecter scrupuleusement les procédures établies par la loi, les garanties judiciaires et les normes nationales et internationales relatives aux droits humains. Le recours à des arrestations arbitraires et à des détentions opaques porte gravement atteinte à l’État de droit et à la crédibilité des institutions publiques.
En conséquence, IPDHOR :
- Exige que toute la lumière soit faite sur les circonstances et les motifs de l’interpellation de Serge Sindani ;
- Appelle au strict respect des droits de la défense et des garanties procédurales ;
- Condamne toute forme d’intimidation visant les journalistes et les acteurs de la société civile ;
- Invite les autorités à veiller au respect des libertés publiques et à prévenir toute détention arbitraire.
IPDHOR réaffirme son engagement constant en faveur de la protection des droits humains et de la liberté d’expression en République démocratique du Congo.
Fait à Kisangani, le 03 mars 2026
Pour IPDHOR,
Leonard Zam Yav
Directeur exécutif