IPDHOR

COMMUNIQUÉ DE DÉNONCIATION ET D’ALERTE SUR LES MENACES CONTRE LES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS ET LES JOURNALISTES À IDJWI, SUD-KIVU

Nous exprimons notre profonde préoccupation et condamnons avec la plus grande fermeté les actes d’intimidation, de menaces et d’insécurité visant les défenseurs des droits humains et les journalistes dans le territoire d’Idjwi, province du Sud-Kivu.

Nous avons appris avec inquiétude qu’en date du 13 mai 2026, le défenseur des droits humains Chance Habimana Lwagera a été victime d’une attaque contre sa résidence par des individus armés d’armes blanches. Grâce à la vigilance des voisins, les assaillants ont été mis en fuite avant de commettre l’irréparable.

Nous avons également été informée des menaces anonymes reçues le 30 avril 2026 par Richelieu Byamana, journaliste à la Radio Obuguma et défenseur des droits humains. Ces intimidations seraient liées à son travail d’information et à ses publications sur des questions sensibles concernant le territoire d’Idjwi.

L’IPDHOR ASBL rappelle que la Constitution de la République Démocratique du Congo, la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi que la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l’homme garantissent le droit à la sécurité, la liberté d’expression, la liberté de la presse et la protection des défenseurs des droits humains.

Ces actes constituent de graves violations des droits fondamentaux et s’inscrivent dans un contexte particulièrement préoccupant où de nombreux défenseurs des droits humains, journalistes et acteurs de la société civile de l’Est de la République Démocratique du Congo exercent leurs activités dans un climat de peur, d’insécurité et de menaces permanentes.

L’IPDHOR constate avec inquiétude que dans plusieurs zones sous contrôle de la rébellion du M23, soutenue par l’armée rwandaise selon plusieurs rapports internationaux, les défenseurs des droits humains sont confrontés à de multiples risques, notamment les intimidations, les menaces, les restrictions de leurs libertés fondamentales et les représailles liées à leurs activités de documentation et de dénonciation des violations des droits humains. Cette situation compromet gravement la protection des populations civiles et l’exercice des libertés fondamentales.

L’IPDHOR réaffirme sa solidarité avec Chance Habimana Lwagera, Richelieu Byamana et l’ensemble des défenseurs des droits humains qui continuent leur travail malgré les risques auxquels ils sont confrontés quotidiennement.

La protection des défenseurs des droits humains et des journalistes demeure une obligation légale de l’État et un impératif pour la promotion de la paix, de la justice, de la démocratie et de l’État de droit en République Démocratique du Congo.

Fait à Bukavu, le 13 juin 2026.

Communication et média.

Valet.cheb@ipdhor-drc.org

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