Depuis les déclarations du Président de la République démocratique du Congo exprimant sa volonté de procéder à un changement ou à une révision de la Constitution en vue de briguer un troisième mandat, les partis politiques membres de l’Union sacrée de la Nation ont organisé plusieurs manifestations publiques dans la ville de Kinshasa afin de soutenir cette initiative. Ces activités se sont déroulées sans obstacle majeur, sans restriction notable et sans la moindre intimidation de la part des autorités publiques.Cependant, lorsque des partis politiques de l’opposition ainsi que diverses organisations de la société civile ont exprimé, de manière pacifique et conformément à la Constitution, leur opposition au projet de changement de la Constitution, les autorités congolaises ont adopté une attitude différente. Des tentatives de modification forcée de l’itinéraire de la manifestation ont été signalées, avant que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Police nationale congolaise (PNC) ne soient mobilisées pour empêcher le déroulement de cette manifestation.
Le 12 juin 2026, alors que des manifestants exerçaient pacifiquement leur droit constitutionnel de réunion et de manifestation publique en direction de l’Assemblée Nationale, plusieurs membres de l’opposition et manifestants ont été victimes de violences attribuées à des éléments des FARDC et de la PNC, accompagnés de membres de la Force du Progrès. Ces interventions ont causé plusieurs dégâts humains et blessés, parmi lesquels Martin Fayulu, Delly Sessanga, Jean-Marc Kabund, Ados Ndombasi ainsi que de nombreux autres citoyens, qui ont été conduits dans différentes structures sanitaires de la ville de Kinshasa pour des soins médicaux.
L’IPDHOR considère que ce traitement à géométrie variable entre les citoyens favorables au changement de la Constitution et ceux qui y sont opposés constitue une violation grave des articles 25, 26 et 27 de la Constitution de la République démocratique du Congo, qui garantissent notamment les libertés d’expression, de réunion et de manifestation pacifique. Une telle attitude porte atteinte aux principes démocratiques, à l’État de droit ainsi qu’aux engagements régionaux et internationaux de la RDC en matière de protection des droits humains.
L’IPDHOR condamne avec la plus grande fermeté les actes de violence perpétrés contre des manifestants pacifiques ainsi que l’instrumentalisation des forces de défense et de sécurité, de maintien de l’ordre public à des fins politiques.
Les FARDC et la PNC ont pour mission de protéger l’intégrité territoriale, les institutions de la République et la population civile, et non de servir d’instruments de répression contre des citoyens exerçant des droits garantis par la Constitution.Ces événements soulèvent de sérieuses préoccupations quant au respect par la RDC de ses obligations découlant de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi que d’autres instruments juridiques régionaux et internationaux relatifs à la protection des libertés fondamentales.
Notre communiqué ci-joint :

